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Politique et société |
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Crise au Congo : les prêtres congolais de l'étranger s'interrogent 15 avril 2008 - Les prêtres congolais de l'étranger se sont réunis le 7 avril à Bruxelles pour réfléchir sur la situation de l'heure dans leur pays d'origine. A l'issue de la rencontre, ils ont décidé, entre autre, de créer un site Internet, de constituer une banque de données et un recueil d’idées et suggestions de différents confrères sur la question, de faire un état de lieu sur l’urgence que présente la situation du pays, de faire le point sur les initiatives qui ont précédé, d'établir les limites et les contraintes qui expliquent le manque d’impact de ces initiatives, de penser des stratégies plus adaptées au contexte congolais, etc. Ci-dessous, un texte qui a été lu aux participants. RENCONTRE DE QUELQUES PRETRES CONGOLAIS et AMIS A BRUXELLES Chers confrères, Nous nous permettons d’abord de vous présenter tous nos remerciements sincères. Vous avez accepté de quitter vos paroisses pour venir prendre part à cette rencontre, qui n’est pas quelque chose fait au hasard. Nous y avons pensé depuis quelques mois en demandant conseils à certains d’entre vous. Le fait de se retrouver aujourd’hui autour d’une table, c`est le fruit de toutes les propositions et consultations faites auprès de différentes personnes. Nous tenons à souligner que nous ne sommes pas des politiciens, et nous n’avons aucune ambition politique ni l’intention de former un parti politique non plus. Ce que nous souhaitons en tant que fils et amis du Congo et surtout en tant que prêtres, c’est de réunir nos idées et réflexions sur la situation actuelle de notre pays, pour parvenir à éclairer les opinions, aussi bien des gouvernants que des gouvernés, et que chacun sache sa responsabilité pour le salut du Congo. L’initiative peut paraître ambitieuse, mais il le faut bien, surtout pour les annonciateurs de la Bonne Nouvelle que nous sommes. C’est cela l’Evangile libérateur que nous devons annoncer pour que chacun contribue au bien et au salut de tous. Nos frères et sœurs sont à plus de 8000 km de nous. Nous n’allons pas prendre leur place ni faire des choses à leur place. Malgré, la distance qui nous sépare d’eux, nous pouvons aussi apporter notre modeste contribution dans la recherche des solutions pour la sortie de la crise. Le fait de se retrouver aujourd’hui ne veut pas dire que rien ne s’est fait jusqu’à présent, ni remettre en question ce qui se fait déjà ici en Belgique ou ailleurs au niveau des prêtres congolais et leurs amis. Beaucoup de réflexions ont été faites et se font encore. Cependant, la plupart de ces réflexions n’aboutissent pas à des résultats probants, elles sont même ignorées par beaucoup de Congolais. A Kinshasa, tout comme ailleurs, plusieurs de nos confrères réfléchissent sur la situation de notre pays et les pistes éventuelles pour sortir de la crise. Ces travaux concernent plus des groupes restreints et restent souvent sans impact sur la réalité générale du pays. Ce qui nous pousse à poser une question sur ce que nous pouvons faire pour sensibiliser tout un chacun au danger qui nous guette, et de rassembler nos forces pour une issue favorable. Vous le savez mieux que quiconque, tous les paramètres de notre pays sont en rouge : les structures institutionnelles qui n’accomplissent pas leurs devoirs; la dégradation des infrastructures administratives, sécuritaires, sanitaires, routières, ferroviaires, maritimes et j’en passe; un manque flagrant des structures d’encadrement de la jeunesse et la détérioration des infrastructures sportives et scolaires; le manque de civisme et de citoyenneté, etc. A titre d’exemple, nous signalons des grèves qui perdurent dans plusieurs secteurs; des fonctionnaires qui sont impayés durant des années; et ceux qui arrivent à toucher leurs maigres salaires de 15 dollars, ont du mal à nouer les deux bouts du mois. Les fonctionnaires, eux-mêmes, parlent du SIDA, pour qualifier actuellement le salaire au Congo; c’est-à-dire : (Salaire Insuffisant Difficilement Acquis). Cette situation contribue aujourd’hui au développement du phénomène de l’économie informelle; à l’augmentation du taux de contamination du VIH/sida et de différentes maladies sexuellement transmissibles; au développement du phénomène « Enfants de la rue »; au développement de sectes religieuses. C`est presque sur chaque coin de rue qu’il y a un « papa pasteur avec son église. » En bref, actuellement tous les coups sont permis au Congo pour survivre. Le délestage n`est plus seulement de l’électricité, mais il est aujourd’hui même au niveau de l’alimentation. Aujourd’hui, c`est la journée des garçons de manger et le lendemain, c’est celle des filles. Autrement dit, chaque sexe dans la famille a son tour de manger. Et le papa se débrouille quand il sort dans le malewa (restaurants de fortune) qui se trouvent devant différents services publics en ville. La politique de salubrité publique est quasiment inexistante. Comme conséquence, il y a augmentation des maladies d’origine hydrique (liées à l’eau) et les grandes inondations. L’Etat n’existe plus. Les tracasseries policières sont partout. On vit chez soi, comme si on était sur une terre étrangère. Les enlèvements, les assassinats et les viols des mères de famille et nos sœurs sont devenus monnaie courante et n’intriguent plus personne. Vous avez, peut-être, suivi une émission qui est passée, il y a quelques semaines sur Télé Bruxelles dans la rubrique « Initiative-africa ». Dans cette émission, on a passé le témoignage d’une jeune congolaise qui a été violée par dix hommes (elle a maintenant une grossesse de 6 mois) et, sur les dix, sept se sont volatilisés dans la nature. Trois ont été inculpés, parmi lesquels, deux ont été acquittés. Un seul a été condamné à trois ans de prison ferme. Et pourtant, selon la constitution congolaise, pour un cas pareil, on court cinq à vingt-cinq ans de prison ferme. Ce n`est qu’un exemple parmi tant d’autres. La corruption et la concussion deviennent de valeurs positives. Les fonctionnaires (se) circulent avec les cachets et les papiers en-têtes de différents documents des services administratifs auxquels ils appartiennent, pour remplir n’importe quel document quelque soit le lieu où il se trouve, même dans un bar. *Nous ne voulons pas nous positionner en dénonciateurs gratuits, mais en constructeurs. Il est toujours facile de détruire que de construire; il est toujours facile de dénoncer que d’annoncer. Beaucoup de voix s’élèvent aujourd’hui pour traiter les prêtres congolais de l’étranger pour des personnes insouciantes et indifférentes à la situation de leur pays. C`est peut-être une affirmation trop exagérée. Mais à travers cette interpellation, nos frères et sœurs ne veulent-ils pas tout simplement, nous dire que l’Eglise est une force, et que nous devons prendre conscience que nous constituons une force qui pourrait faire basculer l’histoire de notre pays, si nous rassemblons nos énergies. Les gens mettent beaucoup d’espoir en nous, ne l’oublions pas. Nous le savons bien, par et grâce à l’Eglise, plusieurs changements sont intervenus aussi bien ici en Europe qu’en Amérique Latine. En 1956, un groupe de 13 jeunes prêtres africains et haïtiens, attentifs à une actualité qui les touche de fort près, ne s’interrogeraient-ils pas sur l’avenir d’un christianisme venu tout droit de l’Occident et dont ils perçoivent chaque jour la fragilité. Ils vont le faire savoir haut et fort à travers leur œuvre historique : « Des prêtres noirs s’interrogent. » Une œuvre qui va faire bouger la théologie africaine, déclare René LUNEAU. Les Congolais sont considérés comme des gens qui changent facilement de position. Essayons d'abord d’être convaincus de la responsabilité qui nous incombe comme pasteurs. Il nous faut non seulement chercher à convaincre les autres, mais nous devons être nous même témoins de l'amour que nous avons pour notre mère patrie. Il est temps de faire quelque chose aujourd’hui que de ne rien faire, car l’histoire ne nous pardonnera jamais. Beaucoup d’entre nous se posent toujours la question de savoir : Quel Congo allons-nous léguer aux générations futures? Notre pays est en train de disparaître sous nos yeux, malheureusement avec notre complicité. Ce qui se passe présentement à l’Est ne doit pas nous laisser indifférents. Quand un membre souffre, c`est tout le corps qui en pâtit, dit-on. On ne peut pas dire que la situation de l’Est ne me concerne pas, car je suis du Nord, du Centre, du Sud ou de l’Ouest. Un proverbe de chez moi dit : « La maladie qui est chez ton prochain, c`est au-delà de la rivière. » Pourquoi? Parce qu’on ne ressent pas ce que l’autre endure. Quand une maison brûle chez nous, ce n`est pas seulement les propriétaires qui cherchent à éteindre le feu; c`est tout le monde qui se mobilise à le faire. Cette maison qui est en train de brûler, c`est notre Congo. Mobilisons-nous aussi comme nous le pouvons selon nos possibilités et nos convictions pour que ce feu n’arrive pas à ravager tout ce village que Dieu nous a donné. Nos confrères du Brabant-Wallon ont déjà une certaine organisation, mais ici à Bruxelles, à ma connaissance jusqu’à présent, il n’y a rien qui est mis en route. Ne pourrions-nous pas créer une certaine structure qui pourrait nous aider à faire certaines choses ensemble? (Flandre, Bruxelles, Brabant-Wallon, Nivelles et Namur, etc.) Chers confrères, nous avons cette opportunité d’être de ce côté (Occident.) Le fait de vivre loin de notre mère patrie, ne nous donne t-il pas la possibilité de faire des analyses beaucoup plus objectives de toutes les réalités congolaises? Notre présence de ce côté, ne pourrait-elle pas nous permettre d’amorcer une nouvelle orientation, afin d’éviter certains écueils du passé? Ne pourrions-nous pas réfléchir sur ce qui se fait déjà pour créer une nouvelle synergie? C`est dans ce sens que nous avons pensé nous réunir pour chercher ensemble les voies et moyens de sortir le Congo dans le gouffre où on l’a plongé. Merci pour votre présence. PISTES D'ACTIONS ET DE REFLEXION 1. Créer un site Internet Participants : Abbé Kanyinda Alphonse Autres titres :
L'immeuble Betamax du centre ville de Lubumbashi
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